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Tennis: "Ils te disent qu’ils vont te retrouver, tuer ta famille", Bonzi dénonce le harcèlement des sportifs de haut niveau

Dans La Provence lundi, Benjamin Bonzi a témoigné de la pression psychologique subie par les joueurs sur les réseaux sociaux. Le Français y est continuellement la cible d’insultes de la part de parieurs mécontents, et cachés derrière leur écran.

"Je ne comprends pas comment la bêtise humaine peut aller aussi loin." Fléau qui touche l’ensemble des joueurs de tennis – et de bien d’autres sports –, hommes et femmes confondus, le harcèlement de parieurs déçus voire bien énervés est un problème tenace dans le monde professionnel.

Une plaie dénoncée par le tennisman Benjamin Bonzi, 62e mondial et numéro 4 français à l’ATP ce lundi, cible régulière des insultes sur les réseaux sociaux. Sur Instagram surtout, le Français doit se coltiner en messagerie privée "dix, vingt, trente, jusqu’à cinquante" messages des plus agressifs.

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"Plus tu as de la visibilité, plus tu fais des gros matchs, plus ça s’intensifie"

"Ça arrive aussi d’en recevoir quand je gagne parce que j’ai fait perdre le pari du mec", regrette-t-il dans La Provence. Alors que vient de se finir sa première année complète sur le grand circuit, à 26 ans, Benjamin Bonzi se souvient quand le harcèlement a commencé pour lui. "C’était un 'Future' (troisième niveau du circuit professionnel) sur lequel j’avais gagné mon premier point, en 2014. J’étais âgé de 17, 18 ans. Sur le moment, tu le prends un peu pour une attaque personnelle, gratuite. J’ai assez vite compris qu’il fallait faire avec. Et puis, plus tu as de la visibilité, plus tu fais des gros matchs, plus ça s’intensifie."

Souvent lancés par des comptes anonymes en français, anglais ou espagnol, masqués derrière des pseudos, ces parieurs furieux d’avoir perdu une mise "à cause" d’un joueur le font savoir. Sans prendre les formes, forcément. "On me souhaite de me casser les jambes, de ne plus jamais jouer, poursuit Bonzi. Ils te disent qu’ils vont te retrouver, tuer ta famille. Certains ne font même pas l’effort d’écrire un truc que tu vas comprendre, mais tu sais bien que ce sont des insultes."

Romain Daveau Journaliste RMC Sport