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Boxe: Deontay Wilder, le monstre au grand cœur

Champion WBC des lourds, Deontay Wilder remet sa ceinture en jeu ce samedi à Las Vegas face à l’ancien champion IBF-WBA-WBO Tyson Fury dans un "rematch" explosif et très attendu après leur nul en décembre 2018. Un combat où la machine à KO américaine comptera encore sur son punch surpuissant pour s’imposer. Mais celui qui avait annoncé vouloir tuer un homme dans un ring est bien plus que l’image renvoyée entre les cordes. Portrait d’un monstre qui n’en est pas un.

La citation n’a rien de philosophique mais vaut par son auteur. "Tout le monde a un plan jusqu’à ce qu’il se fasse frapper à la tête." Mike Tyson, la terreur des rings des années 80, pourrait parler de lui-même. Mais il évoque Deontay Wilder, le champion WBC des lourds qui retrouve l’ancien champion IBF-WBA -WBO Tyson Fury ce samedi à Las Vegas pour le rendez-vous le plus attendu de la catégorie depuis très longtemps. L’homme qui prévient qu’il "ne faut pas cligner des yeux" lors de ses combats tant il peut éteindre la lumière adverse vite. Ne cherchez pas: personne ne présente une puissance similaire au "Bronze Bomber" dans la boxe actuelle. Peut-être même dans l’histoire. Les chiffres parlent pour lui. Avec 95% de victoires avant la limite (42-0-1 ; 41 KO), Wilder affiche le meilleur pourcentage de tous les temps chez les lourds avec au moins quarante passages entre les cordes. 

"Iron Mike" version grande gigue

Si cette statistique est à nuancer, voir Vitali Klitschko (87%) plus haut que Sonny Liston (72%) ne rendant par exemple pas hommage à qui était le plus gros puncheur des deux, l’impression visuelle ne trompe pas. Deontay, c’est une patate de forain sur pattes. "Iron Mike" version grande gigue. "C’est Mike Tyson mais encore un cran au-dessus physiquement, compare Brahim Asloum, ancien champion olympique et champion du monde, consultant pour RMC Sport. Un Tyson faisait 1,80 mètre pour 98 kilos. Wilder fait plus de deux mètres et plus de cent kilos! Mais dans le punch, c’est pareil. Et ils ont la même folie de tueurs à gage dans le ring." Il faut le vivre pour comprendre. "J’ai été touché à la mâchoire par Wladimir Klitschko en combat avec des gants de 10 onces. Mais je l’ai plus senti quand Wilder m’a touché sur le haut de la tête en sparring avec des gants de 18 onces et alors que j’avais une protection à la tête, hallucine David Haye, ancien champion unifié WBC-WBA des lourds-légers. Ce n’était même pas un coup propre, ça a rebondi sur moi, mais quelle puissance..."

"Parfois, j’essaie de réparer quelque chose à la maison et je finis par le casser"

Elle change tout. On l’a vu contre Luis Ortiz en novembre: Wilder peut perdre tous les rounds ou presque mais assommer l’adversaire d’une droite. "Ils ont besoin d’être parfaits pendant douze rounds pour me battre, je n’ai besoin de l’être que deux secondes", répète souvent l’Américain. Le premier combat contre Fury, en décembre 2018, où il avait envoyé le Britannique deux fois au tapis après avoir été dominé pour arracher un nul, en avait apporté la preuve. Quand Wilder monte dans un ring, l’attente rappelle celle autour des plus grands du genre, Bob Fitzsimmons, Jack Dempsey, Max Baer, Joe Louis (lui aussi originaire de l’Alabama et à qui il doit son surnom car on l’appelait "Brown Bomber"), Rocky Marciano, Sonny Liston, George Foreman, Mike Tyson ou Lennox Lewis. Ce besoin de retenir son souffle avant l’explosion à venir. Sa copine doit même parfois le retenir... quand il lui tient la main. "Parfois, elle me dit: 'Hey bébé, tu me fais mal', raconte l’intéressé à Fight Hub TV. Je ne réalise pas de quoi elle parle car c’est normal pour moi."

Deontay Wilder
Deontay Wilder © AFP

Bienvenue dans le monde du Bronze Bomber, l’homme qui a envoyé une mascotte à l’hôpital après avoir testé son punch sur elle pour une émission de télé. "Je ne connais pas encore les limites de ma propre puissance, poursuit-il. Je me dis parfois que c’est fou d’avoir tant de puissance que vous blessez quelqu’un à chaque fois que vous faites quelque chose. Si je pose la main sur votre torse, vous avez l’impression d’avoir une brique dessus." Un de ses frères, mécanicien qui taquine aussi de la peinture, peut témoigner. "Parfois, j’essaie de réparer quelque chose à la maison ou avec lui et je finis par le casser", s’amuse Wilder. Il est le plus léger des grands lourds actuels à l’heure de monter sur le ring (pas loin du poids d’un lourd-léger avant le premier combat contre Fury, il a promis d’être plus gros pour le rematch), comme Fitzsimmons, Dempsey, Louis ou Marciano avant lui, mais celui qui n'est pas adepte de la musculation possède ce truc en plus. 

"Techniquement, il correspond à ce que j’étais quand j’avais onze ou douze ans"

Il dit être "né avec", parle parfois d’intervention divine. Il évoque aussi celle du paternel pour FightHype: "Mon père ne voulait pas nous voir ne rien faire alors il nous faisait travailler. Je faisais beaucoup de choses à la maison. Ça a construit ma force." Il a "toujours eu" cette puissance mais ne la sort pas de nulle part. "Ce n’est pas aussi facile que de dire: il suffit de toucher l’autre, témoigne Jay Deas, son entraîneur historique, qui admet renforcer ses pattes d'ours quand il faut le faire travailler. En face, vous avez une opposition. Vous devez mettre les choses en place sur le plan du timing pour y arriver. Et c’est une chose sur laquelle il a fait d’énormes progrès avec le temps." Joey Scott, son préparateur physique, appuie: "Sa puissance ne s’apprend pas. Il faut juste l’aider à l’améliorer et à la maintenir. Jay fait en sorte qu’il lance ses coups de la bonne façon et moi que sa condition physique, ses déplacements et son agilité soient au niveau nécessaire pour mettre sa puissance en action."

Popeye sur un ring

Fury, comme d’autres, a pointé combien Wilder n’avait qu’une seule arme dans son répertoire (qu'il avait tentée de stopper le plus longtemps possible avec du jab à outrance sur son gant droit): "Avancer et mettre KO". Mais le garçon qui met à terre les lourds herculéens modernes n’en a cure. "Si ce n’est pas cassé, pourquoi changer les choses? Je fais ça depuis douze ans et je donne aux fans ce qu’ils veulent avoir: des KO." "Techniquement, il correspond à ce que j’étais quand j’avais onze ou douze ans, reconnaît Mark Breland, un de ses entraîneurs, médaillé d’or olympique en 1984 et deux fois champion du monde chez les pros, pour le site The Undefeated. Mais il est un lourd dans l’ère moderne. S’il peut vous éteindre en une droite, ça suffit." On le critique pour sa technique défaillante. Mais il ne faut pas trop la sous-estimer non plus, à l’image de ce gauche-droite qui a terminé Ortiz en novembre et qui ressemblait de près à celui infligé par George Foreman à Michael Moorer pour redevenir champion du monde à quarante-cinq ans en 1994. Elle est même parfois une force: avec son style non orthodoxe, on ne sait jamais d’où cela va tomber.

L'arbitre s'interpose devant Deontay Wilder après son terrifiant KO sur Bermane Stiverne en 2017
L'arbitre s'interpose devant Deontay Wilder après son terrifiant KO sur Bermane Stiverne en 2017 © AFP

Sur le ring, cela donne une dinguerie décousue. Les coups tombent façon météorites. Ses deux bras-baguettes dans tous les sens, défense au vestiaire, il ressemble à Popeye une fois ses épinards avalés. "Moulin à vent swinguant", comme l’avait surnommé Fury en 2018, le combattant fan de plongée sous-marine fracasse comme on se lâcherait sur un sac de frappe. Il faut voir, ou revoir, son terrifiant KO en moins d’un round contre l’Haïtien Bermane Stiverne – le seul qui l’avait poussé au bout d’un combat pro avant Fury, en 2015, quand Wilder avait remporté la ceinture WBC face à lui – en novembre 2017 pour saisir. L’Américain avance, encore, encore, et envoie valdinguer un Stiverne dont le langage corporel finit par évoquer la peur. Ce soir-là, même l’arbitre ne passera pas loin d’en prendre une en tentant de séparer les deux hommes... "Wilder n’est pas un boxeur qui essaie d’être propre, constate John Dovi, manager de l’équipe de France olympique et autre consultant RMC Sport. C’est un ouragan. Il est vraiment furieux sur le ring, habité, et c’est ce qui est encore plus dangereux."

Aussi bien que Muhammad Ali

Le style est tellement anarchique que Luis Ortiz avait évoqué des coups "à la limite de la légalité et de la criminalité" quand il frappe "avec l’intérieur de ses poings" ou "vers le bas depuis le haut du crâne". "La seule chose criminelle, c’est que je frappe des gens avec ma droite et que je ne suis pas loin de les tuer", avait répondu l’accusé. Qu’on aime son style ou pas, le surpuissant Wilder fait peur. Mais sauf rares exceptions, personne ne place dans son top 10 pound-for-pound (toutes catégories confondues) celui que beaucoup accusent de ne pas avoir assez affronté de grands noms. Et la majorité fait de Fury le favori de leur deuxième combat. Quasi insultant si l'on s’en tient aux faits: l’Américain qui blesse parfois ses propres coaches à l’entraînement avec sa patate a égalé le second règne de Muhammad Ali avec la ceinture WBC (dix défenses victorieuses) et seul Larry Holmes est encore devant (seize)! "Les gens me demandent pourquoi je n’ai jamais unifié les ceintures. Aucun autre champion ne m’en a donné l’opportunité car ils savent de quoi je suis capable", expliquait-il ces derniers jours devant les médias. On les comprend. 

Docteur Deontay Wilder et Mister Bronze Bomber

Sans contrôle, la puissance n’est rien. Mais il en a plus que certains ne le pensent. Près de 50% de ses coups puissants touchent leur cible, meilleur ratio chez les boxeurs actifs toutes catégories confondues, et ses adversaires lui mettent moins de huit par round contre une moyenne de quinze chez les lourds. Le bordel technique est évident. Mais il semble avoir trouvé la formule pour manier la nitroglycérine tel un artificier. "Il y a tellement de choses que je sais faire sur un ring et pour lesquelles je ne reçois aucun crédit, se plaignait-il il y a quelques mois dans les colonnes du Daily Mail. Les gens négligent beaucoup d’aspects de ma boxe. Et c’est pour ça qu’ils finissent KO. Ils ne me prennent pas assez au sérieux." Comprendre sa force, c’est aussi regarder dans le miroir. Voir l’arroseur plus mis KO depuis ses années chez les amateurs se faire arroser. "Ce qu’on ne mentionne pas assez, c’est sa capacité à prendre des coups, pointe David Haye. Il a une bonne mâchoire et ses capacités de récupération sont grandes. Quand on les touche, la plupart des gens ne sont plus les mêmes pour quelques rounds. Lui est tout de suite de retour."

Deontay Wilder lors du premier combat face à Tyson Fury en 2018
Deontay Wilder lors du premier combat face à Tyson Fury en 2018 © AFP

Peu importe l’analyse, le premier Américain à détenir une ceinture mondiale principale dans la catégorie reine depuis Shannon Briggs en 2006-2007 a raison d’insister sur son arme principale. Elle est tout lui et le raconte. Son style, c’est son histoire personnelle. Docteur Deontay Wilder et Mister Bronze Bomber. Un monstre gentil plus nounours que brute dans la vie mais qui sait endosser un masque de férocité quand il boxe. Il se reconnaît pour ça en Fury, "bipolaire comme (lui)": "Je passe de Deontay Wilder au Bronze Bomber quand je monte dans le ring. C’est une réalité. Et tout le monde n’en est pas capable." La résultante d’une vie à plusieurs facettes. Une enfance à Tuscaloosa, dans cet Alabama où le racisme perdure encore trop, où il grandit – il compte y réinvestir dans l’immobilier et construire des logements et des commerces dans son ancien quartier – dans une famille de six frères et sœurs. 

"Je ne cherchais pas les problèmes, ils me trouvaient"

Pas de ghetto, deux parents présents, une grand-mère (qui refusait qu’on lui mette des fessées car elle pensait que Dieu avait un destin pour lui) et un père pasteurs, une famille religieuse et des règles très strictes. On n’écoute pas de rap ou de r’n’b, musiques du démon. On ne regarde que très peu la télé, et pas n’importe quoi. Dehors, par contre, on sort les poings s’il le faut. "On se moquait de moi car je n’avais pas les meilleurs habits ou les plus belles chaussures, confie-t-il à BT Sport. Mais je n’étais pas du genre à m’incliner. Même si je ne cherchais pas les problèmes, ils me trouvaient et je devais me défendre." Et de rajouter dans le Daily Mail: "J’ai toujours été un solitaire, un timide, je n’ai jamais embêté quelqu’un. Mais les gens autour me testaient pour voir si j’avais du courage et du cœur. Mon père m’avait dit de m’occuper de mes frères et sœurs et avait précisé: 'Si tu reviens à la maison en pleurant, je vais te donner une vraie raison de pleurer car cela veut dire que tu n’as pas fait ce que tu devais faire'. En grandissant, je devais être dur. Sinon, on allait me marcher dessus."

Naieya, sa raison de combattre

Sa furie sur le ring vient en partie de là. "Mon père nous répétait: 'Je vous corrige car je vous aime', poursuit-il. Dans la boxe, on fait pareil: on se corrige car on s’aime. On s’appelle ça le respect." Le gamin solitaire se transformait devant l’adversité et le champion en pleine lumière fait de même. "Ma mère m’a toujours dit que j’avais beaucoup de colère en moi. On n’a jamais su d’où ça venait, confiait-il à L’Equipe en 2017. Parfois, en pleine bagarre, cette colère jaillissait et même si le gars saignait, impossible de m’arrêter avant d’être rassasié. Je ne me suis jamais échappé. Mon truc, c’était d’être un bonhomme et de faire face. J’avais cette violence à apaiser." On a sorti des flingues devant lui mais "grâce à Dieu" il n’a "jamais été blessé". A l’époque, l’adolescent qui fait le coup de poing a deux rêves: football américain et basket, sports où il se révèle prometteur avec l’université d’Alabama (campus à Tuscaloosa) dans le viseur, au point de s’enrôler dans un community college pour faire la transition.

Deontay Wilder et sa ceinture de champion WBC des lourds
Deontay Wilder et sa ceinture de champion WBC des lourds © AFP

Mais à dix-neuf ans, sa compagne tombe enceinte. Les études passent à l’as car il faut se mettre au turbin pour assurer les besoins de la future famille. Serveur, cuisine, les petits boulots s’enchaînent. Mais les médecins vont bouleverser son monde. Ils diagnostiquent à sa fille Naieya, née en 2005, un spina bifida (malformation de la colonne vertébrale qui peut entraîner la paralysie des membres inférieurs). Pas d’assurance et pas assez d’argent pour assurer les frais médicaux. La solution s'appellera boxe. Un pote du lycée, qui connaît son potentiel de bagarreur, lui suggère les sacs de frappe. Direction le Skyy Boxing, à Newport, tout près de Tuscaloosa, où il va croiser Jay Deas. La trajectoire va se révéler express. 

Grand écart

Victoire dans le prestigieux tournoi des Golden Gloves en 2007, médaille de bronze olympique à Pékin en 2008 (la seule de l’équipe américaine) et premier combat pro en novembre 2008, une bourse de 3500 dollars consacrée à Naieya. Le nom qui motive toute sa conquête. Sa force brutale lui a permis de la soutenir. Elle l'a aussi porté au sommet des lourds. Et au diable la beauté du geste... "Tous les boxeurs ne sont pas dans le même moule, rappelle John Dovi. Chacun a ses qualités et l’important, c’est de savoir les améliorer pour vous porter le plus haut possible. Chez les amateurs, il n’était pas très fin dans sa boxe et on ne pensait pas qu’il allait avoir cette carrière. Mais il a commencé à foutre tous les mecs en l’air chez les pros et on s’est rendu compte que c’était un vrai puncheur. Il ne faut pas prendre sa droite..." 

Il a peur des aiguilles mais possède un bazooka

Le grand écart technique-force n’est pas le seul. L’homme a peur des aiguilles mais collectionne les armes à feu et possède notamment un bazooka. Il répète son "respect" pour tous les boxeurs mais a plusieurs fois évoque son envie de "tuer quelqu’un dans un ring". Il aime la lumière des grands soirs mais adore plus que tout revenir chez les siens, à Tuscaloosa, son "havre de paix" où il peut méditer et "parler aux étoiles" au bord de la rivière Black Warrior. Il fait le fanfaron invincible devant les caméras mais reconnaît qu’il s’est plus d’une fois vu comme l’outsider avant un combat. La fille de Luis Ortiz est elle aussi touchée par un handicap? Il accorde une revanche au dangereux Cubain pour lui permettre de prendre un gros chèque alors que tout le monde semble l’éviter.

Deontay Wilder hace à la main et sourire aux lèvres avec des pompiers de Los Angeles en 2018
Deontay Wilder hace à la main et sourire aux lèvres avec des pompiers de Los Angeles en 2018 © AFP

Une terreur au cœur tendre, quoi. Qui se dit encore "surpris" quand il met un KO mais admet trouver du plaisir en faisant mal à l’autre. "Je sens la structure de la face et des os avec mes poings, lance-t-il dans un sourire carnassier sur le plateau de Inside PBC Boxing sur Fox Sports. J’aime ça. Ça va avec le faire d’être un boxeur. Si je m’inquiétais du genre de punition que j’inflige à mes adversaires, je ne serais pas là car mes sentiments interféreraient sur mon boulot. Mon boulot est d’infliger le plus de douleur possible." Dans un milieu marqué par plusieurs décès récents, et notamment celui de son compatriote Patrick Day, sa quête d’un corps inerte n’a pas plu et peut expliquer un certain déficit de popularité. Mais il faut l’écouter pour voir combien tout n’est qu’un rôle pour celui qui aimerait faire l’acteur après sa carrière. 

"Les gens m’ont toujours vu comme le méchant et je n’ai jamais compris pourquoi"

Dans ses dernières interviews, celui qui a récemment rendu visite au Pape – qui en a fait un "ambassadeur de la paix dans la boxe" – fait frissonner. Au micro de BT Sport, il avoue ses idées suicidaires au pire de ses soucis avec sa fille et tire un parallèle avec Fury et ses problèmes mentaux. Il dit avoir "brisé les barrières connues par (s)on père et (s)on grand-père" et continuer pour apporter "la richesse sur plusieurs générations à (s)es huit enfants" (il a déjà racheté des commerces "qui seront dans la famille pour longtemps"). Il veut aussi "leur apprendre à ne pas être fainéant mais à travailler dur, à ne pas se contenter du minimum ni à être dépendant d’autre gens": "Quand tu étais pauvre, que tu es parti de tout en bas, tu ne l’oublies jamais."

Deontay Wilder et sa fille Kaorii en novembre 2019
Deontay Wilder et sa fille Kaorii en novembre 2019 © AFP

Il a aussi écrit un livre pour enfants et ouvert une salle de boxe pour la jeunesse en Alabama. Il été sous le feu des critiques pour ses envies de mort dans un ring mais il est bien tout l’inverse. Double face assumée. "Les gens m’ont toujours vu comme le méchant et je n’ai jamais compris pourquoi. Je montrais juste ma passion pour ce sport, où on doit avoir la mentalité d’un tueur car l’adversaire vient pour vous faire la même chose. Mais en dehors du ring, je me comporte bien, je suis très poli, je traite les autres comme je veux être traité. Les gens sont intimidés par moi car ils ne connaissent que l’image du Bronze Bomber. Mais je suis totalement l’opposé. Je suis un gentleman, un protecteur, quelqu’un qui donne. J’aime tous les humains."

Pas l'image qu'il mérite

La grande gueule "(s)e fou(t) de la célébrité" et s’avoue "quelqu’un de très secret, qui tient à sa vie privée" et fait parfois "signer un accord de non-divulgation" à ceux qui le côtoient pour éviter d’être trop exposé. "Je veux pouvoir aller à l’épicerie pour choisir mes fruits." "Showman en plein dans le rôle qui lui convient car la boxe américaine aime ça" (Brahim Asloum), et qui ne dit pas non à un avenir dans le catch à la WWE (Fury connaît déjà), Deontay Wilder n’a pas l’image qu’il mérite. Mais celui qui annonce vouloir boxer "jusqu’à quarante ans" n’a "jamais été aussi heureux de (s)a vie". La santé de sa fille, dont les médecins avaient assuré qu’elle ne marcherait pas alors qu’elle fait aujourd’hui de la gymnastique, y est pour quelque chose. Sa réussite aussi. "Tout le monde a toujours douté de moi, toute ma vie, et j’ai toujours prouvé qu’ils avaient tort, résume-t-il pour The Undefeated. Tout ce que je fais, j’y mets tout mon cœur. Si j’étais rentré dans le marché de la drogue, j’aurais été le plus gros dealer." Dans le noble art, il est le plus gros puncheur. Sans oublier le grand cœur qui va avec.

Alexandre HERBINET (@LexaB)