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Maier, la fin d’un géant

Le skieur autrichien de 36 ans a eu dû mal à contenir son émotion au moment d'annoncer la fin de sa carrière sportive.

Le skieur autrichien de 36 ans a eu dû mal à contenir son émotion au moment d'annoncer la fin de sa carrière sportive. - -

Hermann Maier a annoncé mardi qu’il rangeait skis et bâtons. A 36 ans, l’Autrichien laisse derrière lui l’un des plus grands palmarès du ski alpin.

Si une carrière pouvait se résumer à deux images, celles d’Hermann Maier se situeraient à Nagano. Et ne seraient séparées que de 48 heures. L’intervalle de temps infime durant lequel l’Autrichien s’est remis d’un invraisemblable vol plané lors de la descente olympique de 1998 pour cueillir l’or du Super-G (en plus de celui du géant). « Tomber de dix mètres haut sur de la neige dure et gagner deux jours après, c’est sacrément impressionnant, s’ébahit l’ancien skieur français Jean-Louis Crétier, sacré sur la descente japonaise. Le monde du ski va perdre quelqu’un de très, très important. » Car à bientôt 37 ans (le 7 décembre), « Herminator » a décidé de raccrocher.

« Je me suis décidé à tirer un trait et à mettre fin aujourd'hui à ma carrière de skieur de compétition », a-t-il annoncé devant la presse, ce mardi à Vienne. Blessé à un genou en mars, le triple champion du monde espérait prolonger l’aventure une saison de plus, avec les JO de Vancouver à l’horizon. Mais « après mûre réflexion, la décision s'est imposée spontanément », a expliqué le désormais ex-skieur, dont la convalescence avait été perturbée par une chute en VTT cet été.

Dénériaz : « Il a révolutionné la descente »

Les deux roues auront décidément joué un grand rôle dans son parcours. Au sommet de son art, Maier avait été victime en 2001 d’un grave accident de moto, frôlant l’amputation de la jambe droite. Deux ans plus tard, il signait son grand retour d’un succès dans le Super-G à Kitzbühel, chez lui en Autriche. Au total, il aura compilé 54 victoires en 13 saisons de Coupe du monde, s’adjugeant quatre fois le classement général (1998, 2000, 2001, 2004) et dix globes dans trois spécialités différentes. « Il a notamment révolutionné la descente, affirme Antoine Dénériaz, champion olympique de la spécialité à Turin. Il mettait un tel engagement et une telle puissance dans ces courses… »

« Une carrière intense et énorme, juge Crétier. Il est arrivé de nulle part en 1996 et a tout explosé en deux ans. Pas mal pour le maçon de Flachau… » Référence à l’acte fondateur de la légende Maier. Lorsque, simple ouvreur d’une étape de Coupe du monde sur les pistes de son village, il avait bluffé tout le monde avec un temps qui n’avait rien à envier à ceux des pros. Le début d’un destin qu’il lui faut désormais réinventer.

S.C. avec R.M. (RMC Sport)