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JO Paris 2024 : les triathlètes pourront-ils nager dans la Seine ?

L'épreuve de natation du triathlon de Paris, ici en 2011.

L'épreuve de natation du triathlon de Paris, ici en 2011. - AFP

Ce mercredi matin sur RMC, Anne Hidalgo a assuré face à Jean-Jacques Bourdin que l’épreuve de natation du triathlon aurait bien lieu dans les eaux de la Seine si Paris décroche l’organisation des Jeux Olympiques 2024. Fantasme ou réalité ?

Y a-t-il déjà eu des triathlons à Paris ?

Oui. Le 1er triathlon de Paris a eu lieu en 1986. Jusqu’en 1996 inclus, onze éditions vont se succéder sans le moindre accroc. Les triathlètes du monde entier plongent dans la Seine, au pied de la Tour Eiffel et exaucent le vœu de l’ex-Maire de Paris, Jacques Chirac, devenu président de la République et qui promettait en 1988 de piquer une tête dans le fleuve le plus célèbre de France. Mais la qualité de la Seine va se dégrader et Paris sera privé de son triathlon de 1997 à 2006 inclus. En 2007, rebelote : le triathlon de Paris renait de ses cendres avec plongeon dans la Seine jusqu’en 2009 inclus au niveau du bois de Boulogne, avant un recentrage en plein cœur de Paris et un retour de la natation devant la Tour Eiffel entre 2010 et 2012 inclus.

Nager dans la Seine, c’est comment ?

Anne-Claire Derre est une triathlète qui a nagé trois fois dans la Seine à l’occasion du triathlon de Paris. Et à l’entendre, il n’y a pas matière à prendre peur ou à craindre le pire. « Nager dans la Seine était agréable, raconte-t-elle. Selon moi, ça ne pose a priori pas de problème. On fait bien évidemment attention à ne pas avaler d’eau, on a une combinaison qui protège la peau. Je n’ai pas été malade, pas de démangeaisons. Quand on regardait de près l’eau, elle était même plutôt claire même si j’ai rencontré quelques objets improbables comme des canettes, des gobelets. Visuellement, on voyait la Tour Eiffel en nageant, le monde le long des quais. Je pense donc que l’idée d’Anne Hidalgo est une bonne idée. »

Quels sont les risques ?

Quand la Seine est jugée impropre et trop polluée, il est clairement déconseillé de ne pas faire trempette. En 2013, par exemple, le triathlon de Paris avait été annulé en raison d’analyses catastrophiques liées aux orages qui avaient fait « tomber » les eaux usées et celles des égouts directement dans la Seine. L’agence régionale de santé avait alors divulgué des relevés qui faisaient état de contamination fécale et laissaient apparaitre la présence de certaines bactéries, comme celle du colibacille, accessoirement responsable de gastro-entérites, d’infections urinaires, de méningites ou encore de septicémies…

Peut-on croire Anne Hidalgo ?

Oui, si l’on en croit Vincent Hochet, en charge de l’assainissement de la Seine pour le SIAPP (Syndicat Interdépartemental pour l’Assainissement de l’Agglomération Parisienne) : « Depuis une quarantaine d’années, des efforts considérables ont été réalisés au niveau de l’assainissement de l’eau à Paris. On traite de manière beaucoup performante les eaux qui arrivent dans nos usines, vis-à-vis du carbone, de l’azote et phosphore, ce qui a un impact écologique sur la qualité de nos rivières. Pour être très clair, jamais la Seine n’a été aussi propre qu’aujourd’hui. La population piscicole (relative aux espèces de « poissons », ndlr) est un très bon indicateur de la qualité de la rivière. Nous faisons chaque année des recensements qui nous permettent d’apprécier l’abondance de poissons en rivières et on observe que la diversité s’est améliorée. Dans les années 1990, on recensait 14-15 espèces alors qu’aujourd’hui, on en recense plus de 20 différentes. Avec même le retour d’espèces polluo-sensibles ou vulnérables, ce qui signifie que la pression chimique tend à diminuer et que la qualité générale de l’eau s’améliore. »

En cas d’obtention des JO 2024 (décision prise en 2017), la ville de Paris aura alors sept ans devant elle pour présenter une copie « parfaite ».

G.Mathieu avec C.Gelpi