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CNOSF: sur fond de crise, la présidente Brigitte Henriques claque la porte

Alors qu’elle avait prévu un vote de confiance ce jeudi sur fond de crise, Brigitte Henriques a finalement devancé tout le monde en annonçant son départ de la présidence du CNOSF.

Coup de tonnerre au sommet du sport français. Brigitte Henriques, présidente du comité national olympique et sportif français (CNOSF), a claqué la porte ce jeudi alors qu’elle avait prévu d’organiser un vote de confiance avant l’assemblée générale. "En ouverture de l’assemblée générale du CNOSF qui se tient ce jour à la Maison du Sport Français, Brigitte Henriques a annoncé sa décision de rendre son mandat de Présidente du Comité National Olympique et Sportif Français, indique le communiqué de presse. Dans son propos introductif, Brigitte Henriques, première femme présidente du CNOSF, a expliqué devant les membres de l’assemblée générale, les raisons de sa décision."

Guyart assure l'intérim

La crise, qui couvait depuis de longues semaines, a éclaté la semaine dernière lors du conseil d’administration au cours duquel Denis Masseglia, prédécesseur de Brigitte Henrique à la présidence de 2009 à 2021, a réglé ses comptes avec cette dernière. Il l’a ainsi invitée à quitter ses fonctions en listant toute une série de polémiques ayant entouré son mandat ces derniers mois: des frais de taxis, le départ de Didier Séminet, les dépenses pour la gestion des crises, le vol d’une carte bleue et des opérations de communication "diligentées sous pavillon CNOSF" alors qu’elles "concernaient des affaires strictement personnelles".

Il avait aussi pointé du doigt la gestion du cas Jacky Fortépaule, ancien président de la Ligue Centre-Val-de-Loire de football condamné en 2023 à un an de prison avec sursis pour harcèlement moral et sexuel pour lequel l’ancienne dirigeante de la FFF avait rédigé, en octobre 2018, une attestation de moralité en sa faveur. Ce règlement de comptes avait irrité Amélie Oudéa-Castéra, ministre des Sports, désireuse de remettre rapidement de l’ordre à un an des Jeux olympiques et paralympiques à Paris

Des noms émergent déjà pour prendre la succession de Henriques dont celui de David Lappartient, actuel président de l’Union cycliste internationale (UCI). En attendant, l’escrimeuse Astrid Guyart (médaillée d’argent aux JO de Tpokyo en 2021), assurera l’interim. "Astrid Guyart, secrétaire générale du CNOSF, assurera la présidence du CNOSF dans cette période de transition et devra organiser un Conseil d’administration qui élira un(e) Président(e) en son sein dans les trois mois à venir, conformément aux dispositions statutaires de l’institution, indique le communiqué. Brigitte Henriques appelle l’ensemble des membres du mouvement sportif à demeurer mobilisés sur l’objectif essentiel et primordial: la pleine réussite des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris en 2024."

L'avocat de Henriques allume Masseglia et Oudéa-Castéra

L'avocat de Brigitte Henriques, Me Arash Derambarsh, a réagi de manière virulente à l'annonce. Il allume Denis Masseglia, son prédécesseur qui l'avait appelé au départ la semaine dernière, mais aussi la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, pour son manque de soutien.

"J’apporte tout mon soutien à Madame Brigitte Henriques qui a fait plus pour les athlètes victimes de violences que tous ses prédécesseurs au CNOSF, notamment Monsieur Masseglia, a-t-il déclaré dans un communiqué cinglant. Elle n’a cessé d’être harcelée et diffamée durant son mandat. Et je regrette que Madame la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra n’a jamais soutenu ouvertement et fermement ma cliente alors qu’elle était victime de violences. Je suis d’ailleurs surpris car Madame la ministre a toujours affirmé être une fervente partisane des femmes victimes de violences. Cela ne vaut pas pour tout le monde visiblement. Les plaintes déposées par mon confrère Maître Antoine Maisonneuve et moi-même (une plainte contre Didier Seminet pour harcèlement psychologique) et trois plaintes contre Romain Molina (une pour cyber harcèlement et deux pour diffamation) sont toujours en cours et iront jusqu’au bout. Il est regrettable d’avoir déstabilisé une présidente qui a fait son travail de façon rigoureuse, consciencieuse et éthique."

NC avec JRi