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Fernandez, le foot pour seul langage

Jean Fernandez

Jean Fernandez - -

A 55 ans, le coach auxerrois a réussi un gros coup en qualifiant son équipe pour les poules de Ligue des champions. Viscéralement attaché au monde du ballon rond, ce formateur dans l’âme ne vit que pour sa passion.

« C’est un moment rare. Ça fait longtemps que je n'avais pas vécu de telles sensations. » Jean Fernandez en a encore les yeux qui brillent. Ce mercredi, l’AJ Auxerre a réussi un petit exploit en se qualifiant pour les poules de Ligue des champions aux dépens du Zénith Saint-Pétersbourg (victoire 2-0 en barrages retour). « Avant le match, j’avais rappelé aux joueurs qu’ils avaient l’occasion d’entrer dans la cour des grands, glisse-t-il. Et ils ont parfaitement gérer le match. Un grand bravo à eux. »

Loin de tirer la couverture à lui, le technicien de 55 ans préfère souligner le mérite de ses hommes. De son banc de touche, il s’est régalé devant la précision de Pedretti et la hargne de Jelen. En tant qu’entraîneur bien sûr, mais aussi en tant que simple spectateur. Car Jean Fernandez est avant tout un amoureux du ballon rond. « C’est un véritable passionné, assure son collègue et ami Luis Fernandez. Il aime ce qu’il fait et il vit pleinement son métier. » En dehors du terrain, l’ancien coach de l’OM ne pense…qu’au terrain ! « Lorsqu’il est chez lui, il passe son temps à visionner des matches, témoigne un de ses proches. Dès qu’il a un moment, il se rend dans les stades. Il est football jusqu’au bout des ongles. »

Il lance Zidane et Ribéry

Formateur dans l’âme, Fernandez se plait à découvrir de jeunes talents. A Cannes, où il a débuté sa carrière d’entraîneur, il a lancé Zinedine Zidane. A Metz, il a mis Franck Ribéry sous les feux de la rampe. Il y a deux ans, il est allé chercher Cédric Hengbart à Caen. Et malgré le scepticisme de certains à l’époque, il en a fait l’un des meilleurs latéral droit de L1. Si Fernandez se trompe rarement c’est aussi parce qu’il sait mettre ses joueurs en confiance. L’exemple de Daniel Niculae est le plus frappant. Après des mois sans marquer, l’attaquant roumain était au fond du trou l’été dernier. Le coach auxerrois l’a tout de même maintenu dans l’équipe. Résultat, l’attaquant roumain a fini meilleur passeur du dernier championnat …

Arrivé dans l’Yonne en 2006, celui qui a pris la succession de Jacques Santin a bâti sur des ruines. Patiemment, il a façonné son groupe en lui donnant une véritable identité. Une grosse assise défensive (héritage de sa carrière de milieu défensif ?) et un jeu en contre basé sur la rapidité et la prise de profondeur. Une recette payante qui offre aujourd’hui à l’AJA une place dans le gratin continental. Les Bourguinons ont hérité du "groupe de la mort" avec le Real Madrid, le Milan AC et l'Ajax Amsterdam.

Alexandre Jaquin