RMC Sport

Violences dans les stades: les interpellations de supporters en hausse, des explications avancées

Le Figaro révèle ce vendredi que les forces de l'ordre ont intepellé pas moins de 176 supporters en marge de rencontres de championnat et des Coupes d'Europe depuis le début de la saison. Un chiffre en nette hausse par rapport à l'an dernier.

La violence dans les stades est loin d'avoir disparue, bien au contraire. Après un exercice 2021-2022 marqué par de nombreux incidents en championnat mais aussi en Coupe de France, la saison 2022-2023 repart sur des bases élevées en termes de violence. Selon un bilan que le Figaro a pu se procurer, les forces de l'ordre ont interpellé pas moins de 176 supporters lors d’incidents, dont 123 en marge des rencontres de championnats de France (Ligue 1 et Ligue 2) et 53 en Ligue des champions. Un chiffre en nette progression par rapport à la même période de l’année précédente (113), liées à des jets d’engins pyrotechniques, des bagarres dans les tribunes ou encore des intrusions sur la pelouse.

"Nous avions capté des premiers signes d’agacements chez les supporters privés de déplacements"

Selon la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH), cette montée en puissance de la violence en France est liée "à la crise sanitaire du Covid-19", ainsi que les matchs à huis clos ou à faibles jauges dans les tribunes pendant la saison 2020-2021. "Nous avions capté des premiers signes d’agacements chez les supporters privés de déplacements. On sentait que la reprise serait compliquée", confirme le commissaire Thibaut Delaunay, patron de la DNLH, dans les colonnes du Figaro.

D'après les informations du quotidien, une dizaine d’incidents majeurs, en particulier des agressions de joueurs et attaques des convois de supporters, ont été recensés l'année dernière. Quelles sont les causes de cette dégradation? Premièrement, un gros déficit de sécurité privée, secteur en souffrance qui peine à recruter du personnel formé depuis la pandémie. Plusieurs dizaines d’agents manquent à l’appel à chaque week-end de championnat.

"Ensuite, il y a eu comme une baisse de vigilance, une perte de réflexe des pouvoirs publics, plongés comme en léthargie pendant la période du Covid", analyse un connaisseur du dossier. "Dans le même temps, la composition des groupes de supporters s’est modifiée, observe de son côté le commissaire Delaunay. Certains, parmi lesquels des anciens, ne sont pas revenus au stade au moment de la reprise et de nouvelles recrues, plus jeunes et plus radicalisées, ont tenté de prendre le pouvoir."

Les derbies, terre d'affrontements

Alors que de plus en plus de "groupes dissidents et ultraviolents ont vu le jour", selon la Division nationale de lutte contre le hooliganisme, les hooligans les "plus durs font de la musculation en salle et préfèrent prendre de la cocaïne ou des amphétamines avant de se livrer à des 'fights' en règle", rappelle la DNLH. Ces derniers passent ensuite à l'action dans des matchs à enjeux, à l'instar des derbies, comme ce fût le cas entre Brest et Lorient le week-end dernier, où une personne a été légèrement blessée.

La violence éclate également envers les arbitres. Selon un bilan de l’ex-Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) établi en 2012, 5.417 arbitres avaient été agressés en un an. Soit plus de 100 victimes par semaine.

AS