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Ligue 1: le montant des pertes liées au coronavirus atteint des sommets

Les clubs de Ligue 1 ont perdu gros avec le coronavirus

Les clubs de Ligue 1 ont perdu gros avec le coronavirus - Icon Sport

Une étude publiée par le syndicat de clubs Première Ligue auprès du cabinet Ernst and Young a dévoilé les retombées économiques estimées de l’épidémie de coronavirus sur la Ligue 1 et le football français en général. Le total dépasse le milliard d’euros de pertes.

Il fallait s’y attendre, l’épidémie de coronavirus va coûter très cher aux clubs et au football français. Entre les matchs à huis clos ou avec une jauge de 5.000 spectateurs, l’arrêt prématuré de la saison 2019-2020 de Ligue 1, les estimations dévoilées ce jeudi par le syndicat Première Ligue, et s’appuyant sur un audit réalisé par le cabinet EY, se veulent des plus pessimistes.

Un milliard de recettes en moins pour le foot français

Le manque à gagner pour les clubs de l’élite après l’interruption de la saison s’élève à 605 millions d’euros et constitue une baisse de 22% par rapport aux prévisions du début de saison. Au cœur de cette baisse se trouvent deux secteurs clés. Les revenus liés au droits TV ont chuté de presque 213M€ après l’arrêt de la diffusion de la Ligue 1.

Avec moins de matchs pour exposer les joueurs et un mercato bouleversé par la crise sanitaire, les clubs français ont aussi dit adieu à une manne liée aux transferts de l’ordre de 220 millions d’euros. Plus encore que la Ligue 1, le football professionnel tricolore aurait perdu près de 1,3 milliard de chiffre d’affaire sur la seule saison 2019-2020 à cause du coronavirus et voit ses recettes retrouver le niveau de la campagne 2015-2016 (6,5 milliards).

Deux scenarii pour 2020-2021

Après une telle crise, l’heure est à la reprise pour la Ligue 1 et le reste du football national. Pourtant, l’avenir immédiat ne semble pas tout rose. Ernst and Young a ainsi anticipé toutes les possibilités. D'un côté, le verre à moitié plein avec notamment l’utilisation des stades à leur pleine capacité et un retour massif des sponsors. De l’autre, le verre à moitié vide avec des partenaires moins présents et le maintien de la jauge de 5.000 spectateurs en tribunes.

Dans le cas de la première option, les pertes des clubs de l’élite s’élèveraient à près de 413 millions d’euros alors que dans le seconde ce montant grimperait même à plus de 600M€. Avec de telles projections, les conséquences sur l’emploi pourraient engendrer entre 3.400 et 8.000 suppressions de poste pour la filière foot en France.

Première Ligue espère une aide de l’Etat

Afin de limiter l’impact de la crise sur les clubs, le syndicat tente de négocier des aménagements auprès du gouvernement. En plus des aides déjà existantes comme le chômage partiel ou le non-paiement des charges patronales, Première Ligue voudrait une réinstauration du droit à l'image collective, supprimé en 2010, et qui permettrait aux équipes de diminuer leur masse salariale. 

L’idée d’un allègement de la taxe Buffet (une taxe de 5% sur les droits TV du sport professionnel servant à financer les sports amateurs). Les clubs de l’élite pourraient espère ainsi réduire leurs pertes et économiser plusieurs centaines de millions d’euros. Mais, quoiqu'il arrive, le coronavirus aura fait très mal aux finances du foot français.

Jean-Guy Lebreton