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Espagne: le sélectionneur des féminines accuse les joueuses en retrait de ne pas être "courageuses"

L'entraîneur de la sélection féminine espagnole de football a dévoilé vendredi un groupe entièrement remanié pour la préparation au Mondial 2023 sans les quinze joueuses ayant annoncé qu'elles ne voulaient plus porter le maillot de la Roja tant qu'il serait en poste. Jorge Vilda s'est défendu face aux accusations dont il fait l'objet.

L'ambiance est pesante au sein de la sélection féminine espagnole. Engluées au coeur d'un scandale impliquant le sélectionneur Jorge Vilda, accusé par certaines joueuses d'un comportement "dictatorial" mais soutenu par la Fédération, les joueuses espagnoles doivent se réunir la semaine prochaine pour disputer deux matchs amicaux face à la Suède et les États-Unis. Lors de ce rassemblement, quinze joueuses manquent à l'appel. Ces dernières ont décidé de se mettre en retrait de la sélection, affirmant que la situation affecte "sérieusement" leur "état émotionnel" et leur "santé".

La colère de Vilda

Parmi elles figurent les joueuses du Barça, Patri Guijarro, Mapi Leon, Sandra Panos et Aitana Bonmati, celles de Manchester United, Ona Batlle et Lucia Garcia et de Manchester City, Leila Ouahabi et Laia Aleixandri. Les cadres de l'équipe Jennifer Hermoso et Irene Paredes, qui ne figuraient pas parmi les 15 joueuses rebelles, mais qui ont apporté leur soutien au mouvement, sont également absentes de la liste.

Présent en conférence de presse ce vendredi pour annoncer sa liste des 23, le sélectionneur de la Roja a longuement abordé le sujet. "Je ne souhaite à personne ce que j'ai vécu ces jours-ci. S'il y a quelque chose qui n'a pas été exaucé, je défie quiconque de venir dire qu'il n'y a pas eu de respect et un défaut dans mon comportement envers elles", a confié Jorge Vilda.

"Une injustice"

Devant les journalistes, le sélectionneur espagnol a dénoncé "une injustice" face aux accusations énoncées par une partie du groupe de la Roja, quart de finaliste du dernier Euro. "Nous allons jouer contre la première et la troisième nation FIFA. C'est la préparation que je voulais pour la Coupe du monde et c'est maintenant que les joueuses envoient le mail. Peut-être que c'est trop de pression pour elles. Je tiens à dire qu'il n'y a aucune pression pour qu'elles ne viennent pas", a complété Jorge Vilda.

Le sélectionneur, qui a succédé à Ignacio Quereda, débarqué sous la pression de joueuses après un Mondial 2015 raté, avait pour sa part déclaré avoir été "blessé par la manière de procéder", affirmant être une personne "qui privilégie le dialogue et qui est toujours disposée à parler". "J'étais confus parce que je ne sais pas ce qu'elles demandent. J'aurais aimé qu'il y ait de la clarté. J'aurais préféré qu'elles me le disent en personne et je suis sûr que nous ne serions pas dans cette situation."

"Cela ne lui donne pas le droit de mentir"

À dix mois du Mondial, qui se déroulera l'été prochain en Australie et Nouvelle-Zélande, Jorge Vilda ne dispose plus beaucoup de soutien au sein de son groupe. Y compris de la part de celles qui ont changé de nationalité. C'est notamment le cas de Damaris Egurrola. La milieu de l'OL, sélectionnée pour les matchs amicaux avant la Coupe du monde 2019, a depuis opté pour les Pays-Bas, avec qui elle a disputé le dernier Euro.

Dans un entretien pour El Confidential, Damaris accuse clairement Jorge Vilda de ne pas dire la vérité. "Je comprends qu'un sélectionneur ait parfaitement le droit de choisir ses joueuses, mais cela ne lui donne pas le droit de mentir. Et je ne pouvais plus attendre d'être convoquée avec l'équipe nationale, car, comme tout autre joueuse, j'aspire à disputer l'Euro et la Coupe du monde. Voyant qu'ils ne m'ont pas donné d'opportunité avec l'Espagne, j'ai décidé de changer d'équipe nationale", a expliqué la joueuse de 23 ans.

Cette dernière garde d'ailleurs un très mauvais souvenir du sélectionneur. "C'était en finale de la Coupe du monde U20, quand il est arrivé à la mi-temps et m'a dit qu'il n'aimait pas mon jeu. À cette époque, nous jouions très bien au milieu de terrain et nous nous amusions beaucoup. Je me souviens que j'ai quitté la seconde mi-temps en pleurant."

AS