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Et si Mekhissi n’avait rien fait ?

Mahiedine Mekhissi

Mahiedine Mekhissi - -

Accusé d’agression par un entraineur de Creps de Reims, le vice-champion olympique de 3000m steeple, Mahiedine Mekhissi, dément. Son entourage parle de « bousculade » et dénonce une « volonté de nuire ».

Quatre jours après l’altercation qui a opposé Mahiedine Mekhissi à un responsable du Creps de Reims, l’épicentre de l’affaire relatée dans L’Equipe jeudi matin se déplace vers la direction du centre champenois. Comme l’admet l’entraîneur de l’athlète, Farouk Madaci, présent lundi matin, il y a bien eu « bousculade » de la part de son athlète envers Vincent Phelizot, responsable du haut niveau au Creps. « C’est vrai, Mahiédine l’a secoué, mais dès que j’ai vu ça, je lui ai dit de venir avec moi pour l’entraînement et ça s’est arrêté là », raconte le coach à RMC Sport. Mekhissi était venu demander à Phelizot si son frère allait pouvoir trouver un emploi au Creps. Terminé par un mauvais geste, l’échange devait en rester là. Sauf que…

Mercredi, le double médaillé d’argent du 3000m steeple à Pékin et à Londres se trouve à Rouen à l’invitation de la région Haute-Normandie. D’autres athlètes sont présents, comme Vanessa Boslak et Ronald Pognon, ainsi que la ministre des Sports Valérie Fourneyron, « à domicile », tout comme le président de la Fédération, Bernard Amsalem. Au milieu de la soirée, Mekhissi reçoit un appel du journaliste du quotidien sportif qui l’informe que la victime a porté plainte après une ITT de huit jours. Mine défaite, il en informe le patron de la FFA, qui glisse un mot à la ministre. Une nouvelle affaire Mekhissi est en train de naitre. Un an et demi après la violente bagarre qui l’a opposé à Medhi Baala à Monaco, celle-ci tombe mal. A 27 ans, Mekhissi, sous le coup d’une mise à l’épreuve pendant 3 ans, risque gros. L’athlète n’a pas encore renouvelé son contrat avec adidas.

Amsalem : « C’est une cabale »

« Il y a un historique à tout ce qui s’est passé », prévient Madaci. Depuis trois ans, les relations entre son groupe et le Creps sont tendues. Témoin d’une scène au Creps à la fin du mois de septembre, Franck. L. a vu un responsable du centre provoquer Madaci et Vincent Luis, 11e de l’épreuve de triathlon olympique cet été, alors qu’ils se partageaient un terrain de foot. « Plusieurs personnes au Creps harcèlent Farouk et ses athlètes, raconte cet habitué du monde sportif champenois. On leur ferme la grille d’entrée, leur empêche de s’entrainer, tout est fait pour qu’ils décampent. »
Dans l’entourage, on s’étonne que Phelizot ait pris l’initiative de prévenir la presse. « Je n’excuse pas ce qu’a fait Mahiedine, mais il y a une vraie volonté de nuire », affirme Madaci. Sollicité, Phelizot n’a pas répondu à nos appels. Au Creps, c’est silence radio. Amsalem, présent au Creps de Reims jeudi, parle de « cabale » contre l’athlète, et attend de faire toute la lumière sur toute cette histoire avant d’éventuellement saisir la commission de discipline. Le ministère assure suivre de « très près » ce dossier, qui est actuellement entre les mains du procureur.

Louis Chenaille