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Daegu, des chronos bien discrets

Un seul record du monde battu à Daegu (le relais 4x100 m) contre trois à Berlin en 2009

Un seul record du monde battu à Daegu (le relais 4x100 m) contre trois à Berlin en 2009 - -

Un seul record du monde battu, lors de l'ultime épreuve (le relais 4x100 m masculin) : les Mondiaux de Daegu n'auront pas fait trembler les tablettes. Explications.

Une météo capricieuse
Daegu, la Corée du Sud, et l’Asie, en pleine saison des pluies, marquée traditionnellement à cette période de l’année par de fortes précipitations et d’importants taux d’hygrométrie, les 13es Championnats du monde ont été affectés par une météo changeante, pour ne pas dire capricieuse. Pour l’essentiel de la semaine de compétitions, le vent s’est invité dans le stade de Daegu. Souvent contraire, finalement de dos. Les chronos des sprinteurs ont suivi la danse d’Eole. Le 100 m masculin a été remporté en 9’’92 (-1,4 m/s) par Yohan Blake (JAM), seul athlète à passer sous la barre des dix secondes. Ils étaient cinq deux ans plus tôt à Berlin. Chez les filles, Carmelita Jeter (E.-U.) l’emporte en 10’’90 (-1,4 m/s), le même temps qui ne lui avait valu que le bronze en 2009. En fin de semaine, Usain Bolt remporte le 200 m le plus rapide de l’histoire des Mondiaux en 19’’40 (0,8 m/s), trois autres coureurs dont Christophe Lemaitre (19’’80) descendent sous les vingt secondes. Le lendemain, la bande à « La Foudre » porte la marque du relais 4x100 m à 37’’04. Record du monde, le seul de cette édition des Mondiaux d’athlétisme, contre trois à Berlin.

Des absences de marque
Le forfait d’Asafa Powell, quelques heures avant le coup d’envoi des Mondiaux, a privé les épreuves de sprint à Daegu d’une énième pointure. La défection pour blessure du meilleur performeur de l’année (9’’78) est venue s’ajouter à celles des Américains Tyson Gay (blessure), Mike Rodgers (dopage), et du Jamaïcain Steve Mullings (dopage). Entre infirmerie, suspension, et météo défavorable, les circonstances ont fait le bonheur d’outsiders comme Yohan Blake, Kim Collins, ou Christophe Lemaitre. « Si tout le monde avait été là, et si tout le monde avait couru dans ses temps de saison, je n’aurai peut-être pas été en finale », résumait le Français à l’issue de sa finale du 100 m. Quatrième en un temps indigne de son standing (quatre fois sous la barre des dix secondes cette saison), le Savoyard n’a pas échappé au petit cru chronométrique de ces débuts de Championnats du monde.

La peur de la patrouille
Il y a fort à parier que le programme sans précédent de prélèvements sanguins, mené à Daegu par l’IAAF, a eu un effet dissuasif sur les athlètes tentés de prendre quelques libertés avec le règlement antidopage. 1848 échantillons hématologiques ont été collectés, destinés au passeport biologique, suivis de 450 contrôles urinaires, parmi lesquels, selon nos informations, une cinquantaine « ciblés » à partir de la première salve de pré-tests. A l’IAAF, on ne se risque pas à établir de raccourcis entre la faible moisson de records du monde et la peur de la patrouille, mais on s’accorde à dire que Daegu ne restera pas dans les annales comme une « fournée exceptionnelle. » Vingt-quatre heures après le tomber de rideau, aucun cas positif n’a été enregistré. Mais il faudra au moins attendre jusqu’à jeudi (soit 72 h après les derniers prélèvements) pour que le laboratoire de Séoul, qui avait fait chuter Ben Johnson en 1988, confirme la bonne nouvelle.